L'écran ou le temps


Surtout lorsqu'il est très jeune, être présent et partager le temps avec l'enfant est une excellente alternative à la solution qui consiste à l'installer devant l'écran pour vaquer à nos occupations du moment

L’écran ou le temps, faut-il vraiment s’interroger ?

Dernièrement, une fois n’est pas coutume, nous avons vu et entendu des messages du type « Prenons le temps de faire les choses avec nos enfants et laissons de côté nos écrans ».
 
Cette allégation, difficile à tenir pour certains, est malheureusement trop rare. Elle mérite néanmoins d’être saluée car pleine de bon sens.
 
Puisque Zikencrèche agit en premier lieu sur le terrain des pratiques sonores et musicales, c’est donc à travers ce prisme que je voudrais évoquer ce sujet qui nous concerne tous et bien entendu nos enfants en priorité.
 
En effet, il existe énormément de productions audiovisuelles destinées aux enfants, certaines en direction des plus jeunes d’entre eux (avant 3 ans). Il est donc courant que nos bambins se retrouvent devant l’écran qui donne, par exemple, à voir et à entendre les comptines indémodables de notre plus tendre enfance…
 

Côté écran 

Devant la vidéo d’une comptine, donc, qui a démarré puis progressé sans s’arrêter jusqu’à sa fin, l’enfant a vu, écouté et peut-être aussi chanté (selon son niveau de développement et sa connaissance de la comptine en question). 
 
En compagnie d’un autre enfant ou de son parent, ils ont peut-être chanté ensemble, en suivant le film qui se déroulait sous leurs yeux (le message sonore étant plus ou moins dilué du fait des images qui frappent l’esprit au premier abord – c’est la force des images).
 
Ensemble devant la comptine, ils ont peut-être frappé dans leurs mains ou bien repris les gestes pouvant être proposés à l’écran.  
l'écran ou le temps ; enfant ressentant, les yeux fermés 
 

Côté vivant

A présent, imaginons que c’est l’adulte qui propose la comptine à l’enfant – l’écran et la vidéo ont donc disparu. Soudain, s’offre un moment propice au véritable partage et, cerise sur le gâteau, vous pourrez activer tout un éventail de possibilités d’interactions. Voyons ce que l’on peut envisager.
 
Pour démarrer, on eut par exemple indiquer quand la comptine va commencer et quand elle peut aussi se stopper en comptant jusqu’à 4 (car là, oui, on peut s’interrompre à tout moment, sans risquer l’inévitable frustration et son cortège de plaintes). Cela peut même être très amusant et propice aux changements de caps, à l’aventure.
 
On peut dès lors et en toute liberté déterminer le tempo, plus rapide ou plus lent, c’est comme on veut 🙂 
Mais aussi commencer lentement et accélérer pour mieux ressentir cette qualité du tempo qui joue sur l’expression et nous amuse à mesure que ça accélère. 
 
Ou bien sûr choisir de la chanter doux ou bien fort ou encore, soudainement moins fort, ou plus fort… 
 
Il est possible également de vouloir la chanter plus grave ou plus aiguë ou même avec une voix de sorcière (le changement de timbre vocal est là aussi amusant et appréciable).
 
Et pourquoi s’interdire de répéter les deux phrases qui semblent, à cet instant T, plaire particulièrement à l’enfant… ou encore remplacer les mots par des lalala ou bien encore s’interrompre pour laisser l’enfant chanter en solo… 
 

Se donner le temps

Il y a en fait une multitude de possibilités pour rendre l’expérience plus riche, plus amusante, plus émouvante. 
C’est donc ce qui fait toute la différence entre une comptine partagée avec un écran et une comptine partagée avec un parent.
 
Bien sûr, pour l’adulte, c’est différent car il lui faut être présent pour pouvoir partager avec son enfant mais n’est-ce pas là ce qui fait sens au final ? Pour l’enfant, l’expérience « écran » est vraiment plus pauvre et même si elle semble parfois le fasciner, mieux vaut qu’il soit fasciné par le superbe duo que vous avez formé.
 
Sur Zikencrèche, vous trouverez les ressources pour partager avec vos enfants des activités sonores et musicales de façon naturelle, sans avoir à maîtriser la musique, le rythme, la justesse vocale… en savoir plus
 
Enfin, les études sur le cerveau sont formelles : le jeune enfant ne doit pas être exposé aux écrans sous peine de voir son développement perturbé… lire l’article